X
I
toujours sur une faille
au visage brûlé de lait clair
maintes fois s’endormir, rêver d’avant
du temps où je savais rêver
marine, emplie de braises
je cherche grâce dans ta voix
j’espère ne rien apprivoiser
ma vie est faite d’ombres qui reculent, s’éloignent, jusqu’au jour où je ne les verrai plus
j’espère encore
sachant que ça ne viendra pas
II
j’ai rêvé de paroles
j’ai rêvé de silences
qu’est-ce qui me reste ?
j’entends les batailles au loin se dérouler sans moi
j’ai peur de mourir
mais si je ne meurs pas, tout ça est ridicule !
c’est le contraire que je voulais dire
mais à propos du contraire
qui est ma vie
(pas de parenthèses)
III
il y a des nuits
comme celle-ci
qui se plaquent noires sur les ventricules
fragiles palpitant de sang frais
là, juste là
je vais me rendre malade
par nostalgie des nuits d’enfance
où j’ignorais jusqu’à moi-même
dans mon désir d’Amant Suprême
je n’hésite plus
espère que mes lèvres se brisent
dont des lambeaux faire une image
frissons
IV
je ne sais pas
il c’est pire
tu te reflètes toujours trop au miroir que je tiens
penser définit toujours trop
petit-je murmure
V
à l’aube des glaces soumises
lors s’est levé comme un enfant
imaginé par petit-je
qui aimerait bien se replier encore un peu
tu je caresse mon ton front (rintintin)
tu je l’hais
petit-je a fait de grandes promesses
au ciel à la terre et au ciel
à la femme qu’il aime
petit-je se couche tous les soirs
faible
VI
croquant mes os tu t’exposes à me rejeter
comme j’ai aimé que tu me violes
viens que je t’embrasse de mon sang
viens que je t’étouffe de mon sexe
que je te rouvre de ma dent
que je te barbouille sur ton visage
stèle minérale et luisante
colonne du désert en moi
silice de la rose sans croix
VII
je t’ai aimée silencieuse
je t’ai aimée absente
je t’ai aimée muette
je t’ai aimée mourante
tu m’as pardonné bien des torts
celui d’être née
d’avoir appris à parler
commencé à écrire
aspiré à mourir
que je te touche et tout s’efface
VIII
je n’ai pas envie d’arrêter
touche-moi si tu l’oses
IX
c’est dans ce jeu que j’ai compris