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Alliance

j’ignore à peu près tout de toi je t’espère et t’attends (il faut, lisant cela le pousser vers le passé – ça résiste) (à chaque instant recommencer) je suis celui que tu espères et tu attends mais je ne suis pas celui que tu crois

au début il y a un appel, une voix pour toi je ne sais ce qu’elle a pu être pour moi elle existait déjà je m’y tiens, c’est clair, je flotte au-dessus de toi mon regard, comme le tien maintenant te déchiffre : tu essayes d’être

qu’est-ce que c’est ? je tu abandonne(s) ton mon désir : nous abandonnons tout désir je dis : nous laissons ce qui nous sépare nous avons bien assez été je le pense : je dis : ce qui nous fait exister nous séparait et c’est abandonné

(maintenant, c’est à toi de mettre musique juste derrière tes yeux)

dans l’inconnu une sève sucrée bout humecte les lèvres d’âcre chaleur, baiser du silence enlacé à l’horreur de la chair qui craque en se desséchant s’écartèle s’entrouvre devant l’œil de la terre      pyramide animale

dans la vasque du père, creusée pour lui le sang s’écoule par avance qui abreuvera tout espoir, tout sanglot saisi par l’aube du plaisir le flot figé scintille d’une perle invisible au soleil

la remarque moirée du soldat fracasse la flaque en éclats l’ordre brandit dans l’ombre un cri

le petit filet bu rutile intérieurement

sous le masque du père, creusé par le fils observe là l’entour gradins de pierre et d’oliviers ombres dont le contour est lu poudres guérisseuses, mémoires scansions acclamées pour l’absent

(n’oublie pas que je t’ai parlé, que tu me dois parole au temps)

écailles ramassées près des racines, fragmentaires

à l’angle de l’eau, couleurs fuite du réveil, célébrations une du sang recueilli par la mère une de la préférence des formes, des jus et des peaux que prend le matin pour le ventre une du nom qui est caché une du lion volant de pierre

énigme :

(sous les cendres, j’ai retrouvé un sein que tu connais : souviens-toi ?)

les cercles d’émeraude portés au front protègent des morts les plus viles endormie sous un mont l’ivresse des porcs attend que s’en revienne la nef chargée d’or du chevalier élu allongé sous sa lame (que je retournerai sur moi un mot : puis le silence)

j’ignore à peu près tout de moi je t’espère et t’attends (il faut, disant cela le pousser vers l’avenir – ça se dissout) (à chaque instant recommencer) dans le silence, que l’espoir et l’attente résonnent de ta voix portée par mon désir