Mortelle tristitude
La mort n’est pas triste.
Elle peut surprendre les proches,
interrompre des projets,
meurtrir la dépendance affective,
priver autrui de services offerts
ou de ressources nécessaires,
et pour ceux qui l’avaient oubliée,
tout ceci à la fois peut choquer.
Mais à considérer chacun de ces aspects
des conséquences de la mort,
on doit peut-être pouvoir isoler
le phénomène non triste de la fin
d’un ensemble de processus organiques
— lesquels, par définition, sont temporaires,
consomment et consument leur substrat.
La douleur physique nous protège,
mais elle n’est pas la mort.
Elle est déplaisante mais pas triste
non plus. Non, ce qui est triste
c’est la douleur morale,
lorsque nos liens se défont
d’avec autrui, d’avec nous-mêmes,
d’avec le divin (des trois, je vous laisse
considérer lequel est le plus imaginaire).
La tristesse peut entraîner la mort
volontaire ou passive,
mais la mort ne devrait pas causer tristesse,
si nous prenions correctement soin de nos vies.
23/12/25