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Le rapport entre expérience et concept

Entre le concept de couverture
et la chaleur d'une couverture,
le premier existe en tant que concept,
la seconde en tant qu'expérience.

Le concept de Dieu est plus compliqué
que celui d'une couverture,
mais enfin, cela se tente, serait-ce
"l'unique inconceptualisable".

Les expériences de la divinité sont nombreuses.

Le rapport entre expérience et concept
demeure un questionnement.
Le concept n'était pas la seule
forme d'abstraction possible.

Un Dieu abstrait, concevable par l'intellect :
c'est ce que réfute l'athéisme.
Ou bien une certaine pratique.

C'est pourquoi l'Inde inclut l'athéisme
dans son infinité de pratiques diverses
participant à définir le divin :
une haute idée de l'humain,
ainsi qu'une insuffisance du concept.
Et toujours l'option d'une nouvelle pratique.

C'est pourquoi l'Europe a pu séparer
le divin et le religieux, pour le meilleur
(divin sans religieux) et le pire
(religieux sans divin)
depuis quelques siècles.

Reste toutefois la question du rapport
entre expérience et concept :

Les philosophies orientales ont de commun
d'exclure une sagesse purement conceptuelle
non confirmée par l'expérience du sage.

Les philosophies occidentales se satisfont
d'un statut de fonctionnaire de l'éducation
relativement désincarné.

Ce qui n'empêche qu'elles questionnent toutes
le rapport entre expérience et concept.

Croire en la réalité expérientielle du concept,
c'est acte de foi dans l'idéalisme platonicien (chrétien),
erreur de foi dans le bouddhisme,
illusion source de souffrance.

Et le langage, comme le sexe,
n'a pas de valeur morale en soi :
tout dépend de l'usage et du contexte.

14/1/2026