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Depuis que tu es morte

dans la procession des cœurs
de bile noire qui s’écoule
brisée, muette de souffrance
nue de chair déchirée par moi
déchirant mon œil, souffle
à jamais lové dans la terre, heures
apprêtées de larmes inutiles, enfant bête
dans la procession des cœurs
voici que s’en va et pourrit
ton reniflage de ma profondeur

amusée, jambes ouvertes, chair froide
le passé m’accueille encore
cambre mes reins l’épaule
derrière la tête le passé jouit
d’abord de mes fureurs, qui ont fondu
maintenant de mes silences

reflets dérisoires
comme une réaction chimique qui se poursuit
dans mon cerveau alors que rien
plus rien n’est qui jaillisse

quand tu es morte le sang
d’autres morts m’est monté dans la bouche
morte, je t’ai vite oubliée
mes pères criaient dessous mes pieds
dessous mon âme leur histoire
la fureur des dieux et la folie des hommes
qu’il me fallait raconter O
procession noire des idées en mon cœur
lorsqu’on l’ouvrit comme une outre
on trouva du sable rouge
morte, je t’ai vite oubliée

c’était la lande et un chemin de guerre
un fin ruisseau de sang
s’écoulait déjà du sommet
où nous courrions nous battre et mourir
c’étaient déjà les pères de nos pères
qui s’écoulaient là
vibrant de nos pas

les cartilages se brisent et s’échappe un pet d’air
quand ta gorge est frappée d’une lame vulgaire
dans la lumière des phares
ton corps est une boule de poussière
toute gluante
si c’est au ventre la brûlure est lente
et ce qui s’écoule dans tes mains gras
sur le bord de la route
je t’ai aimé avec ma Ford
ton corps a libéré des os
plus que je n’en pus baiser
si tu peux, fais tourner ton épée
dans mon ventre

où irais-je ?

ma guerre est finie