La mie de pain
La mie de pain des yeux du rêve
creusée de larmes perle-lame
nourrit chaque jour mon chagrin.
Qu’importe encor le petit drame
du réveil au matin ?
Tartiné de beurr’ triste, mon corps
brisé du néant admirable
de la vertu en quête d’or
rejette un pet minable
puis se retourne et se rendort.
Le café froid — regarde-moi
avant que je m’en aille.
Si tu pouvais voir quel émoi
sommeille en ce crétin qui baille…
Le café froid — embrasse-moi.
Le bus abuse du remord
que j’ai d’encor te laisser seule
pour slalomer entre les morts
— et toi sous ton linceul
paisiblement tu te rendors.
La bureau nique-sa-mère bureau
termine d’achever la fin
des rayons de mon œil en trop ;
et seul subsiste le parfum
demain des yeux du rêve.